À peine sa constitution annoncée, le MDR publie déjà le premier numéro de sa revue,
Travail ou barbarie, éditée par Paul Ariès et Roberto Castoriadis, le petit-fils de
Cornélius. Elle titre en une "LA FIN DE L'HISTOIRE".
Notre camarade G. Debord-Houston nous livre ici son analyse de l'article :
C'est toujours la même rengaine, sommes-nous tentés de dire. Désormais, cependant, nous sommes passés d'un lieu commun indicible et diffus à une idéologie
clairement assumée. Nous aurions donc atteint la fin de l'histoire. Le capitalisme (quand bien même il serait néomarxiste - à visage humain - comme le préconisait feu ATTAC) constituerait un
horizon indépassable. La lutte des classes et le matérialisme historique, s'ils ne sont pas niés comme outils d'analyse
ayant vécu, sont bien évidemment, dans le
cadre d'un village mondial tertiaire et moyennisé, tout à fait obsolètes. Comment tuer son adversaire si ce n'est en faisant preuve d'une fausse bonne volonté infantilisante ? Que
trouve-t-on à l'extrême-gauche du MDR ? Des adeptes du "partage du temps de travail"... pour plus de réification et de fétichisme de la marchandise!
Les révolutions française, mexicaine, russe, espagnole furent sans aucun doute des manifestations concrètes de conflits de classe, tous gagnés par la bourgeoisie ou la bureaucratie. Nos avions
toujours (ou presque) trois acteurs : la vieille classe dominante conservatrice, la bourgeoisie et le prolétariat. Nous avions toujours les mêmes instruments de domination : l'armée, la loi. Dans
le
spectacle intégré, la lutte des classes devient l'ascenseur méritocrate : alors qu'ils s'agissait auparavant d'abattre l'immeuble, le prolétariat se plaint désormais de la raideur
croissante des escaliers. Seuls qulques éléments plus ou moins atomisés provenant de la petite-bourgeoisie, devenue la classe managériale et intellectuelle, se réfère spectaculairement au vieux
schéma de classes. L'armée devient protectrice, la bourgeoisie méritante, le prolétariat réactionnaire. L'espoir du grand soir devient l'ordre et le progrès. Tout va bien.
Delenda est spectaculi societas
.
La société du spectacle, dans la représentation qu’elle se fait d’elle-même et de ses ennemis, impose ses catégories idéologiques pour la
compréhension du monde et de l’histoire. Elle ramène tout ce qui s’y passe à l’ordre naturel des choses, et enferme les véritables nouveautés qui annoncent son dépassement
dans le cadre restreint de son illusoire nouveauté.
"
Las revoluciones las hacen los hombres de carne y hueso y no los santos y todas acaban por crear una nueva casta privilegiada." Carlos Fuentes
http://www.ecotheurgie.com/article-14662349.html